France : Lettres à Marie Poussepin - 3

on 28 Avr, 2020
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Province de France, 28/04/2020.- Nous continuons à la découverte des lettres à Marie Poussepin. 

 À Marie Poussepin

Mère spirituelle de tant et tant de Soeurs depuis plus de trois siècles et la mienne depuis 1982,
Apôtre social de la Charité comme l’Église aime à te nommer et à te célébrer,
Ravive en nous, en cette année de grâce où nous fêtons les 25 ans de ta béatification,
Individuellement, pour chacune des Soeurs et des Communautés et pour la Congrégation entière :
Espérance, Foi et Charité : ces vertus que nous implorons, chaque jour, par ton intercession.

Partage-nous la passion du service des plus petits : des enfants, des malades, des laissés pour compte.
Obtiens-nous le secours de la Vierge Marie pour être de vrais témoins du Christ en ce monde en crise.
Unis-nous au-delà de nos différences dans la recherche du bien commun, de la justice et de la paix.
Sois notre modèle : assidues dans la prière, joyeuses dans le service, douces dans nos paroles.
Sur l’appel du Seigneur, j’ai peu à peu depuis l’adolescence, approfondi ma relation avec Lui
Et, étudiante à Tours, par le témoignage des Soeurs côtoyées au Foyer St Thomas,
Précisé le chemin menant au don de moi-même comme Soeur de la Présentation.
Instamment, je te loue pour tant de vies données, à ta suite, pour l’Annonce du Christ,
Nourries par la passion de Dieu et le salut des frères dans l’esprit de Dominique.

Magnificat anima mea Dominum !

Sr. Catherine Aubry

Prière à Marie Poussepin

Inconnue à mon entrée à la Présentation, tu aiguises très vite mon désir de te connaître. Et plus j'avance dans cette connaissance, plus grandit mon admiration. Toujours aussi actuelle, tu as su nous faire découvrir et comprendre au fil des années le sens des responsabilités et de l'engagement dans la vie familiale, professionnelle, dans l'Église et dans tous nos rapports humains. Ce qui ne peut exister sans l'amour fraternel appris, vécu et partagé en communauté. Tout ceci dans la recherche constante de l'Amour du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint.

Merci, notre Mère, pour ce bel héritage.

Sr. Josiane

Bienheureuse Marie Poussepin,

Ma Mère, notre Mère. Tu vois, je t'écris à la machine. Il faut m'excuser, mon écriture à la main n'est plus ce qu'elle était quand j'étais institutrice. Oui, j'ai été institutrice et grâce à toi, à la merveilleuse famille qui est la tienne depuis trois siècles et demi. Tu dois sourire en me voyant taper sur un clavier. C'et le progrès qui veut ça.

De ton temps, on écrivait avec une plume d'oi e, et une encre qu'on fabriquait chez soi. Et le buvard, c'était la cendre. Temps lointain. Les progrès de la technique nous ont facilité la vie.

Tu connais ma vie, tous les jours je te parle, ton visage est tout près de moi. Et je ne m'endors jamais sans te dire « bonne nuit » et me recomma nder à tes prières. Et je continue en invoquant chacune de nos mères, avec un regard sur ce que chacune afait, après toi, jusqu'à mère Inès.

J'ai eu la joie d'aller à Rome pour ta béatification. C'était juste un peu avant les années noires où dix neuf des nôtres ont été assassinés. Nos communautés d'Algérie ont été rappelées en France et depuis je suis dans cet Ehpad, avec quelques unes de nos soeurs.

Cette année, je célébrerai le soixante dixième anniversaire de ma profession religieuse. Longue vie ! Vie heureuse autant qu'une vie peut l'être car les événements nous procurent l'occasion de connaître tous les sentiments que peut traverser une vie humaine.

Un souvenir, qui me revient souvent en mémoire, j'avais vingt ans, c'est celui du jour où je suis allée au collège de la Présentation, à Casablanca, pour contacter soeur Madeleine qui dirigeait la chorale des jeunes filles de la paroisse. Je commençais à travailler au quartier du Maarif. On me fa it entrer dans un joli petit salon en mepriant d'attendre la soeur qui était prise à ce moment. A vingt ans, on ne reste pas longtemps assise. Je me suis donc levée pour admirer de près les jolis tableaux qui ornaient les murs. J'arrive au portrait d'une paysanne de l'ancien temps. Nos regards se sont rencontrés. Là, j'ai été bouleversée comme il n'est pas possible. Je suis allée me rasseoir tout impressionnée. La soeur est arrivée, me faisant des excuses pour m'avoir fait attendre. Nous avons parlé chorale et musique et je lui ai demandé qu'elle était cette per sonne, là, dans ce portrait. Et la soeur étonnée de me dire « Quoi, vousne savez pas ? Mais c'est notre fondatrice ! » Comment l'aurais je su ? Je ne fréquentais pas les soeurs Deux ans après, j' entrais au postulat.

Ma bienheureuse Mère, jet'embrasse.

Sr. Claire Marie